Hier soir j’ai pu revoir au cinéma Avatar 2 : La Voie de l’eau de James Cameron. En 3D, HFR, dans la salle 1 du Pathé Nantes Centre. Film que je n’avais pas vu depuis sa sortie fin 2022.
Je me rappelle à l’époque les critiques “c’est joli mais creux”, “3h de rien”, etc. Si bien que la première réaction de mon entourage fut “c’est pas un navet” ?
ALORS !
Avatar premier du nom
Sortie en 2009, le film est un raz-de-marée. Des centaines de millions d’entrées, un record au box-office, pour l’un des plus gros budget à sa sortie. Le film est un énorme succès, je pense que à peu près tout le monde l’a vu.
Déjà, c’est une révolution technique. Au top de la technologie de l’époque (voir en avance), le film sort en 3D, en numérique, et en IMAX dans les salles compatibles. C’est bien simple, il est responsable à lui tout seul de la mise à jour du parc en France (dans le monde ?), les salles s’équipant pour pouvoir le diffuser en 3D. Il pousse la motion capture, prouve que la 3D peut-être belle (et depuis, personne n’a fait mieux, sauf le second), révolutionne le monde des effets spéciaux. Pour vous dire, il va entrainer toute la vague de la 3D et des télés 3D, qui a disparu depuis puisque c’est pas juste un gimmick mais une vraie technologie à réfléchir en amont.
Ouai mais la technique, c’est sympa, mais l’univers ?
Le monde d’Avatar ? De la SF original, ni suite ni franchise (même si depuis c’en est devenu une), travaillée par Cameron depuis des années. C’est pas tiré d’un roman, d’un comics, ni un remake d’un vieux film. Une planete totalement originale, avec sa faune, sa flore, sa langue, sa culture. Et encore une fois, on croit à tout, c’est pas des vieux costumes pourraves dans une ruelle de New-York.
Alors l’histoire, OK, c’est pas Parasite. Mais bon, on à tout de même une fable écologique, anti-militariste, anti-capitaliste, contre l’impérialisme américain. Sur la découverte de soi, de l’autre, le respect des différences. C’est bateau ? A mais vous aimez pas le bonheur en fait.
Ouai mais le second, bof non ?
On reprend la technique.
Toujours en 3D, on introduit ici le HFR, soit le 48 images par seconde. Et encore une fois, le film pousse une bonne partie des salles à renouveler le parc. Nan parceque avant, on a eu la trilogie Hobbit, mais les salles allait pas tout changer alors qu’elle venait de le faire (ba ouai, le premier Hobbit sort en 2012). Sinon y’a Gemini Man, que personne n’a vu (moi non plus). Et un rapide tour sur wikipedia prouve que aucun film depuis n’a été fait comme ça, seulement des conversions. On pousse encore la performance capture, les caméras sous l’eau, etc.
Mais j’ai bien compris que la technique on s’en fout, on est pas au CES ici. Alors le reste ?
Niveau résultat, le film explose encore une fois le compteur. Et on est après covid, donc les audiences ont changé entre temps. Je bossais dans un ciné, ça n’arrétais pas, chaque séance était complête. Depuis, j’ai revu ça pour des evenements, genre le concert de BTS ou le film d’inoxtag, Kaizen.
L’univers ? Il allait pas tout changer. Quoique. Parceque après une heure pour nous remettre en jambes et nous exposer l’histoire, on part sur de l’aquatique. Une nouvelle tribu, de nouvelles coutumes, des nouveaux corps. Une faune et une flore différentes, qui entraine des plans totalement différents du premier. L’ambiance change du tout au tout. Le mec a tout de même bossé sur la suite pendant 10 ans.
L’histoire ? On reste sur la fable écologique, anti-impérialiste du premier. A ba vous allez pas me dire que depuis 2009, le monde c’est calmé niveau guerre, colonisation, génocide, etc. On est toujours d’actualité. Ce qui change c’est qu’on passe du militaire qui apprends à découvrir (ouai, comme dans Pocahontas, putain vous êtes tellement des perroquets), au père qui cherche sa place. Ce mec un peu trop militaire justement, qui doit apprendre qu’une famille c’est pas une escouade. Débarquer en tant qu’étranger et subir la discrimination d’être différent dans une autre tribu.
Puis je sais pas, le film fait un détour contre les braquonniers et la pèche. On voit une mère guerrière qui refuse de se laisser faire et va combattre, enceinte (coucou le récent Une bataille après l’autre de Paul Thomas Anderson). On a l’ado différente des autres, avec une sensibilité différente de la norme, qui transforme cette honte en force. Et on fini sur un message qui dit que finalement, c’est peut être les nouvelles générations qui vont changer les choses, et que les anciennes doivent leur faire confiance.
Conclusion
A ba ouai là d’un coup difficile de dire “gnagnagna copier coller du premier”. Donc, si vous aimez pas le film, dommage pour vous. Mais impossible de nier que le film a marqué le cinéma et son histoire. On verra ce que donne le troisième, qu’il a commencé a tourné en même temps que le second. Donc non, c’est pas un truch rushé à la va vite pour surfer sur le deuxième, mais un projet longuement réfléchi en amont.
Reste la question de le voir en salle. Et malheureusement, je pense que oui. Parceque certains films ont été prévu pour la salle, c’est comme ça. Je vous mets au défi de regarder 2001 : l’odyssée de l’espace sur un macbook air 13 pouce, et de vous dire “ouai, j’ai la bonne expérience pour voir le film”. C’est pas grave, y’a plein d’autres films à regarder chez soi qui sont vachement bien. Mais tout comme un concert filmé n’apportera jamais la sensation du live, Avatar 2 c’est mieux au cinéma.