De la saga Predator, je n’avais rien vu. Enfin si, les crossover avec l’alien, les deux Alien vs Predator. Mais de la saga principale, je n’avais qu’une vague idée de Schwarzy et des gros flingues. Alors qu’il n’apparait que dans le premier, donc une image plutôt fausse. Bref, avec la sortie du dernier en salle, Predator : Badlands, j’ai voulu tout rattraper avant.
Était-ce une si bonne idée ? Oui, parceque en allant de 1987 à maintenant, on à ici un parfait cours d’histoire du cinéma, des modes et tendances de chaque époque. Allez, let’s go !
Predator, de John McTiernan
McTiernan est surtout connu pour avoir démarré la saga des Die Hard avec Bruce Willis, mais il est aussi derrière Last action Hero ou encore le remake de Rollerball. On sait donc à peu près qu’on va voir un film d’action avec des muscles huilés, de la boue, des punchlines et une odeur de sueur de couilles (désolé pour l’image). Et c’est exactement ce que va délivrer le premier Predator. Une bande de mecs dans la forêt, avec des gros flingues, qui vident 14 chargeurs à la seconde. C’est d’ailleurs pour ça qu’on vient chercher Schwarzy, vu qu’on est après Commando, Terminator et Conan le Barbare.
Ça a beau être une bourrinerie, McTiernan est un bon réalisateur. Toute cette action est donc magnifiquement filmé. D’ailleurs j’exagère un peu, le film étant tout de même sur une mission de sauvetage à la base, ce n’est pas un déluge de douilles du premier au dernier plan. On profite de cette jungle somptueuse et de pleins d’effets pratiques, parcequ’on reste en 1987. Ba ouai, on est 6 ans avant Jurassic Park, donc les effets spéciaux c’est pas encore ça. Pour autant, le film reste assez bon, n’abusant justement pas d’effets moches.
C’est donc un bon début de saga, une bisserie assez cool pour regarder des gros flingues et le monstre. Car oui, le monstre est un costume, et vachement bien en plus. Avec un acteur de 2,19m dedans, Kevin Peter Hall, il est créé par Stan Winston, un prodige du maquillage et effets spéciaux. Alors regardez le premier Predator, c’est dans son jus et c’est fun.
Predator 2, de Stephen Hopkins
On change radicalement d’ambiance avec le second opus, on est en plein dans le jus des années 90. Ces flics un peu rebelle dans une ville sans loi, on en a vu un paquet. Mais le film a beau ramener Danny Glover et Gary Busey (y’a même Bill Paxton), ça m’a pas vraiment emporté. L’ambiance y est un peu chelou. On est au milieu de ce film de flics un peu SF genre Robocop, mais t’as un Predator qui se balade et dézingue des gens. Bizarre.
Après on pourrait se dire que, juste, je n’aime pas cette ambiance 90’s. Mais le film pèche par pleins d’autres endroits. Les personnages fonctions, stéréotypés; le jeu lamentable de la plupart; les clichés qui n’ont vraiment (VRAIMENT) pas bien vieilli. Puis le film nous sort une scène d’action dans le métro, à base de flash dans le noir, pour bien ne rien comprendre à l’action. Ouai Predator 2 c’est pas très agréable à regarder.
Mais tout n’est pas à jeter. Parceque si je m’ennuie poliment pendant environ 1h15, la dernière demi-heure est plutôt intéressante. On plonge dans le vaisseau Predator, et on rajoute à la mythologie. Pas de spoil bien sûr, mais disons que le film pose des bases pour des suites, et notamment les deux Alien vs Predator. Et je me demande si le film n’a pas été un peu charcuté, parceque l’ambiance cchange radicalement, et peut être qu’il possédait plus de scènes comme celle-ci tout le long du métrage.
Alien vs Predator, de Paul W.S. Anderson
Premier crossover entre les deux franchises, rendu possible par la présence d’un crâne Alien dans le vaisseau du Predator au film précédent. Et c’est réalisé par Paul W.S. Anderson, dont le CV parle pour lui même. Vraiment, passez une tête dans la saga Resident Evil, Monster Hunter ou même Mortal Kombat, c’est une formidable école sur ce qu’il ne faut pas faire.
Mais AvP dans tout ça ? Et bien je ne sais pas si c’est parceque le studio était derrière et qu’il ne pouvait pas faire n’imp, mais j’ai passé un bon moment. Attention, c’est pas du Kubrick non plus, mais genre cette pyramide millénaire sous la glace, où vont s’affronter des Predators et des Aliens (ouai c’est dans le titre), ba c’est de la série B bien marrante. En fait, le film arrive a exploité les deux saga et les monstres correspondant, leurs forces et faiblesses. On retrouve même la reine Alien !
Et puis le décor est francehment cool, les costumes fonctionnent. Les personnages sont bateaux, on va pas se mentir. Mais ouai dans l’ensemble, c’est du B marrant, de la SF de divertissement comme j’aime bien. Pas un chef d’oeuvre, mais quand on voit la carrière du bonhomme, on pouvait s’attendra à bien pire.
Alien vs Predator : Requiem, de Colin et Greg Strause
Bien pire arrivera avec la suite. Réalisé par deux frères venant des effets spéciaux (et qui y retourneront très vite), j’ai envie de dire chacun son métier. Et ils enterreront la franchise Alien vs Predator avec eux.
Déjà, ce qui saute aux yeux, c’est à quel point le film est mal éclairé. Tout est trop sombre, j’ai passé mon temps à essayer de comprendre ce qu’il se passait. Et dans le doute j’ai essayé des sources différentes, aux cas où c’était un problème de mon fichier. Toute la réal est dans le même ton, c’est à dire mal branlé.
Mais surtout, ce film prouve une nouvelle fois que Predator dans la ville, c’est une mauvaise idée. Parceque les villes des USA, ont les a vu des millions de fois, on s’en fout royalement. Après, ça s’explique facilement, puisque le film essaie d’avoir une ambiance teen-movie horrifique. Il nous déploie donc des clichés de personnages, soporifique. C’est la conclusion sur ce film d’ailleurs, soporifique.
Predators, de Nimród Antal
Ok, on revient sur de la jungle hostile, avec un cast de ouf (Adrien Brody et Laurence Fishburne notamment), pour un truc plus sérieux. Ça part bien non ? Aïe Aïe Aïe.
Avec sa clique de mercenaires, des personnages fonctions, le film fait l’erreur du trop grand nombre. Où il va s’en débarasser au fur et à mesure, et donc soulève l’inutilité de ses personnages. Le rythme est lent, la caméra bof. C’est franchement pas du grand art, et c’est souvent le plus détesté de la saga. Ce qu’on peut souligner par contre c’est qu’il agrandi le bestiaire, et donc l’univers. On comprends que les Predators ont des clans, des notions de traitrise et autre, et surtout chasse une grande quantité de bestioles. Le film laissait la possibilité à une suite mais, comme souvent, il n’en sera rien.
The Predator, de Shane Black
8 ans après, on réessaie. Et avec un vrai réal, qui est passé par Marvel avec Iron Man3, mais surtout a fait Kiss Kiss Bang Bang et The Nice Guys. Le film pour le coup est super intéressant à détricoter.
Déjà, on sent clairement que la vague Marvel est passé par là. Si pour le précédent en 2010 il n’y avait que peu de films (Iron Man et The incredible Hulk), en 2018 il en est tout autre. Notamment, on a eu les deux Gardiens de la galaxie, qui sont infiniment meilleurs que ce film, mais dont on sent l’inspiration un peu partout. Avec cette équipe de soldats qui ne sont plus “utilisables”, pour cause de PTSD ou autre.
Alors ouai on retourne dans la ville, et c’est dommage. Mais le film nous propose des laboratoires, des chiens Predators et surtout, un super Predator immense. Non c’est pas parfait, notamment sur le groupe un peu lourd. Mais il sait utiliser les effets pratiques et numériques pour rendre un résultat crédible et qui me fait passer un bon moment.
Prey, de Dan Trachtenberg
2022, on arrête les conneries, on met un réal qui va se comporter comme un showrunner, et diriger la franchise. On revient dans le passé, en 1719 pour être exacte, avec une meuf comanche. Ouai on surf un peu sur la vague du moment.
Mais ça marche de ouf, pour proposer pour moi le meilleur opus de toute la saga. Déjà, lé réal est niquel, y’a rien à dire. Les costumes et les décors fonctionnent. On pourrait reprocher au film de ne pas maintenir le comanche et de partir sur de l’anglais, surement pour être plus digeste pour le public Américain. Donc le film pose parfaitement son univers, j’y crois de bout en bout.
Mais avec son titre (“Proie” en traduit), le film propose surtout une triple lecture. En plein affrontement entre les natifs et les colons d’une part. Mais aussi sur le patriarcat et ce groupe masculin qui ne prend jamais au sérieux notre héroïne. Alors ouai, je suis d’accord, le film est un peu maigre en scène d’action. Mais il propose tellement plus à coté que je lui pardonne.
Predator : Killer of Killers, de Dan Trachtenberg et Joshua Wassung
Un peu à part puisqu’on est ici sur un film d’animation, j’ai pas mal de réserve (dont j’avais déjà parlé). On va évacuer l’obvious tout de suite : oui, c’est beau. Les équipes d’animation n’ont souvent plus grand chose à prouver, le dessin est beau, avec des univers très bien retranscrit. Mais si on dépasse le coté visuel, le film est assez vain.
Découpé en plusieurs parties, le film nous propose des lieux et époques différentes. Et chaque histoire fonctionne au début, jusqu’à l’arrivée du Predator qui vient juste tout détruire. Pour ramener un final aps déplaisant, mais qui n’apporte pas grand chose à l’univers. Et c’est un peu ça le problème, c’est qu’il n’apporte rien. Il ne peut d’ailleurs rien développer puisque le Predator vennat foutre le bordel à chaque fin saborde les mini histoires.
Un geste bizarre, alors que l’annimation se prête je pense pas mal à cet univers.
Predator : Badlands, de Dan Trachtenberg
Et enfin le dernier, vu en salle hier soir. Toujours avec le même chef de gare, on part ici sur une idée qui devait trainer dans la tête du studio depuis longtemps : faire du Predator le protagoniste principal de l’histoire. Exit donc les humains, même si la Weyland Cie et ses synthétiques reviennent. La Weyland venant de l’univers Alien, on nous tease un nouvel Alien vs Predator ?
Langue extraterrestre, créature fascinante, planète inconnue, le film assume à fond son coté SF et c’est cool. J’ai eu un peu peur au début, avec l’arrivée de la sythétique, qui fait office de sidekick rigolo. Heureusement, dépassé la première demi heure (c’est tout de même long), ce ton disparait pour devenir plus sérieux. On sent encore une fois que le mood du blockbuster Hollywoodien, c’est les Marveleries.
Pas besoin de tergiverser longtemps, j’ai beaucoup apprécié le film. C’est moins bien que Prey mais ça reste une super proposition. Le réal décide encore d’aller plus loin que juste le Predator, et nous parle de virilisme, de choix d’existence, de famille. Ça peut paraitre assez commun dans les films, mais dans cette saga qui pousse les gros muscles et les gros flingues, c’est bienvenu.
Reste à savoir si la saga va assumer de revenir à du bourrin. Parceque après deux propositions intéressantes, il y’a toujours moyen de refaire du bourrin sans revenir à l’école Schwarzy. On verra.
Conclusion
Quel weekend mes amis. J’adore me plonger comme ça dans un univers. Et encore, je n’ai pas lu les comics ou fait les jeux vidéos. Même si j’ai un souvenir de AvP sur ordi, quand j’étais gamin.
La saga Predator contient du bon et du mauvais. Mais surtout, elle est un marqueur du temps au cinéma, teintée des modes et usages de chaque époques. Elle restera toujours moins connu que la grande soeur Alien, mais elle arrive tout de même à délivrer un univers intéressant et plausible. Quand elle est bien éclairée.