Un regard sur ce que j’ai fait la veille à bord du vaisseau bleu. Ça me permet de me rendre compte que je fais des trucs de mes journées, mais aussi de partager des trouvailles.
Cinéma
Cannes jour 3. (la fatigue)
Mémoire de fille de Judith Godrèche
L’intention est louable, mais ça tient pas vraiment la route. Je n’ai pas lu le livre d’Annie Ernaux donc je ne veux pas remettre en cause ce qui y est décrit. Mais le métrage, de par sa mise en scène et son jeu d’acteur, rend le tout très distant, très écrit. Alimenté par une narratrice (ouai encore), j’ai vraiment l’impression que le passage au dialogue ne s’est pas fait. Le film se perd dans ce qu’il veut raconter, c’est très confus. Désolé Judith, mais c’est un refus d’obstacle pour moi.
Soudain de Ryûsuke Hamaguchi
3h15, la taille du bousin. Y’a un univers entier dans ce film. Il y met tellement, trop je pense, qu’on sort un peu déboussolé. On s’attend plusieurs fois à ce que la fin tombe, mais le spectacle continue. Il va enchaîner des scènes de douceur fabuleuse, de situations difficiles, et de dissertation théorique, et le tout fascine. On frole parfois le cours magistral, c’est bizarre comme démarche. Peut-être qu’il aurait fallu deux films, peut-être que c’est impossible de faire autrement que ce qu’il vient de nous donner. C’était génial, bouleversant, mais pas pour tout le monde.
Histoires de la nuit de Léa Mysius
Un petit thriller, qui ne brille pas par son scénario mais délivre sur le reste. Déjà on a une brochette d’acteurices conséquente, créant des interactions auxquelles on croit. Notamment une corporalitée, une présence des regards, du petit lait. Et puis y’a un travail sur la lumière et les ombres que j’apprécie énormément. J’aurai peut-être aimé plus de rythme, le film se regarde parfois un peu trop. Mais quand il y va, la tension monte et c’est parti. Attention c’est pas du Fincher, mais un peu comme Rapaces, c’est du petit thriller avec un goût de encore.
La vie d’une femme de Charline Bourgeois-Tacquet
On confirme une nouvelle fois que Léa Drucker et Mélanie Thierry sont parmi les meilleures actrices vivantes. Derrière son nom et son chapitrage pompeux, j’aime beaucoup ce que donne le métrage. Il nous dresse un portrait de cette personne, et n’essaie jamais d’être généralisant pour le genre. Et cette vie me touche, tant dans ses bonheurs que ses tristesses. On a quelques travers, notamment un grain parfois inutile, ou encore une caméra qui tremblote pour rien. Mais c’est un très bon moment.
The man i love de Ira Sachs
On a ici un film “performance d’acteur”, qui repose donc presque entièrement sur la prestation du comédien central. Et le problème, c’est que Rami Malek est en roue libre total depuis au moins Bohemian Rhapsody. Donc c’est une séance très gênante, où le trop est une ligne dépassée depuis longtemps. Un peu comme un accident de la route, on regarde attristé que cela se soit produit.