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    <title>Humeur on Le blog de Nandicre</title>
    <link>https://blog.nandicre.fr/tags/humeur/</link>
    <description>Recent content in Humeur on Le blog de Nandicre</description>
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    <copyright>CC BY-SA 4.0</copyright>
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    <item>
      <title>Le monde qui vous entoure est politique</title>
      <link>https://blog.nandicre.fr/billet/2024-10-06-le_monde_qui_vous_entoure/</link>
      <pubDate>Sun, 06 Oct 2024 00:00:00 +0000</pubDate>
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      <description>&lt;p&gt;Derrière ce titre un peu &lt;a href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Pi%C3%A8ge_%C3%A0_clics&#34;&gt;&amp;ldquo;clickbait&amp;rdquo;&lt;/a&gt;, un agacement d&amp;rsquo;entendre beaucoup de &lt;del&gt;gens&lt;/del&gt; mecs qui ne comprennent pas pourquoi des [insérer n&amp;rsquo;importe quel personne qui n&amp;rsquo;est pas un mec cis blanc hétéro] essaient de politiser leur passion.
Que ce soit les jeux vidéo, les mangas, le cinéma, ou même juste le monde de la tech, le monde semble &amp;ldquo;se politiser&amp;rdquo;.
Vraiment ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant toute chose, je ne suis ni sociologue, ni expert de quoi que ce soit.
Juste un mec (cis, blanc, hétéro, je confesse) qui joue à des jeux, traine beaucoup (trop ?) sur le net, et qui veut poser un billet de blog à pouvoir envoyer la prochaine fois que je dois expliquer ce qui suis à un pote.&lt;/p&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>Derrière ce titre un peu <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pi%C3%A8ge_%C3%A0_clics">&ldquo;clickbait&rdquo;</a>, un agacement d&rsquo;entendre beaucoup de <del>gens</del> mecs qui ne comprennent pas pourquoi des [insérer n&rsquo;importe quel personne qui n&rsquo;est pas un mec cis blanc hétéro] essaient de politiser leur passion.
Que ce soit les jeux vidéo, les mangas, le cinéma, ou même juste le monde de la tech, le monde semble &ldquo;se politiser&rdquo;.
Vraiment ?</p>
<p>Avant toute chose, je ne suis ni sociologue, ni expert de quoi que ce soit.
Juste un mec (cis, blanc, hétéro, je confesse) qui joue à des jeux, traine beaucoup (trop ?) sur le net, et qui veut poser un billet de blog à pouvoir envoyer la prochaine fois que je dois expliquer ce qui suis à un pote.</p>
<h1 id="la-représentation-ou-lavènement-du-wokisme">La représentation (ou l&rsquo;avènement du &ldquo;wokisme&rdquo;)</h1>
<p>Évacuons très vite la notion de représentation, parceque pleins de gens en ont déjà parlé et que ce n&rsquo;est pas ce qui m&rsquo;intéresse ici.
La représentation, c&rsquo;est le fait d&rsquo;avoir simplement une existence dans tel ou tel médium.
C&rsquo;est bien et ça permet aux personnes qui s&rsquo;identifient aux personnages de pouvoir s&rsquo;imaginer devenir.
Dis autrement, si aucun film ne met de femmes scientifiques, plus difficile pour les petites filles de s&rsquo;imaginer qu&rsquo;une femme peut l&rsquo;être.
Donc non Jean-Kevin, le cinéma/le jeu vidéo n&rsquo;est pas devenu entièrement &ldquo;woke-LGBT&rdquo;, juste qu&rsquo;on est passé de environ 0 à quelques films.
Oui Jean-Kevin, je dis quelques parceque on est clairement pas sur une majorité, je vois plus de 300 films par an, crois moi sur parole.</p>
<p>Si de plus en plus de personnes commencent à comprendre que faire une oeuvre qui représente une partie de la population jusque-là boudé est une bonne idée, beaucoup ne comprennent pas pourquoi une marque/une plateforme/une communauté va être proactive dans ces démarches.
Exemple donc.</p>
<h1 id="internet-et-la-vraie-vie-ou-la-vraie-face-des-gens">Internet et la vraie vie (ou la vraie face des gens)</h1>
<p>Mettons que vous jouiez à un <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jeu_de_r%C3%B4le_en_ligne_massivement_multijoueur">MMO</a> (lequel n&rsquo;a pas d&rsquo;importance) et que vous soyez un membre important dans une guilde.
Vous vous retrouvez sur le jeu au moins une fois par semaine, peut-être même sur <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Discord_(logiciel)">Discord</a> pour continuer à parler sans être connecté au jeu.
Et puis un jour, vous et les autres gérants de la guilde, vous décidez de faire une rencontre en personne, avec celleux qui veulent, dans un café.
Histoire de se rencontrer, abaisser un peu les barrières de l&rsquo;écran.
À cette rencontre se déplace des mecs, des meufs, des personnes blanches et d&rsquo;autres racisés.
La rencontre se passe plutôt bien, mais à un moment, un ou plusieurs mecs (c&rsquo;est toujours des mecs, déso pas déso) vont peut-être lacher une remarque sexiste/raciste/limite sur tel ou tel sujet.
Si la première fois vous fait peut-être rire (un peu géné), les autres vous embarasse.
Vous en parlez avec les autres organisateurs et décidez de demander à ces personnes de faire gaffe, de se calmer sur les vannes ou comportements problématiques.
Avec un peu de chances, vous aurez droit juste à un &ldquo;oui, pardon, je fais attention&rdquo; plutôt qu&rsquo;a un &ldquo;on peut plus rien dire&rdquo;, et la soirée se termine sans accroc.
Vous décidez plus tard de remettre ça.
Et peut-être que vous vous rendrez compte que au deuxième rendez-vous, certaines personnes ne sont pas revenus.
Pareil au troisième.
Et à un moment, vous serez surement seulement entre mecs blancs (on va pas se mentir, c&rsquo;est souvent le cas).</p>
<p>La raison à ça ?
Vous avez des Jean-Kevin (ouai, j&rsquo;aime bien le nom) qui ne mettent pas à l&rsquo;aise certaines personnes, elles ont donc décider de ne plus venir.
Peut-être sont-elles encore sur le jeu, ou peut-être ont elles quitté la guilde pour une autre.
Ce qui est sur, c&rsquo;est que si un jour vous décidez de faire une <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Lan-party">LAN</a> ou même juste une autre rencontre, ces personnes ne viendront pas.
Pas si les éléments perturbateurs sont encore là.
Que faire ?
Sans le vouloir, vous êtes devant une décision politique.
Virer les Jean-Kevin pour faire revenir les autre (ou juste éviter que des nouveaux se barrent), ou les garder, ne rien changer, quitte à ce que l&rsquo;ambiance ne vous plaise plus à un moment.</p>
<p>Cet exemple (ou quelque chose de ressemblant), je l&rsquo;ai vu énormément de fois.
C&rsquo;est la raison pour laquelle les événements autour du jeu-vidéo sont restés très masculin pendant longtemps (et le sont toujours un peu), alors qu&rsquo;on sait que il y a autant de joueurs que de joueuses.
Mais aussi des forums, des Discords, des communautés entières qui se sont vu élaguer des femmes, des LGBT, des personnes racisés : à cause de personnages problèmatiques en leur sein, et qu&rsquo;on a laisser faire.
C&rsquo;est pour cela que certaines décident donc de prendre les devants</p>
<h1 id="vous-êtes-les-bienvenues-chez-nous-ou-pourquoi-jean-kevin-va-falloir-que-tu-apprennes-à-te-calmer-le-zboub">Vous êtes les bienvenu.es chez nous (ou pourquoi, Jean-Kevin, va falloir que tu apprennes à te calmer le zboub)</h1>
<p>Pourquoi une charte/un code d&rsquo;utilisation/un code de conduite (pas celui de la voiture) ?
Pour évitez ces problèmes justement, pour afficher la couleur dès l&rsquo;entrée.
Ça peut être soft, comme juste dire &ldquo;on vire les gens qui auront des propos déplacés&rdquo;, ou plus frontal, comme &ldquo;on aime les personnes LGBT, dégagez si vous êtes pas content&rdquo;.
Le but c&rsquo;est d&rsquo;avoir une justification si un problème survient (ba ouai, JK, on t&rsquo;avais prevenu. T&rsquo;as déconné, tu dégages), mais aussi de pouvoir mettre à l&rsquo;aise les personnes qui se sentent concernés.
Trainant pas mal dans les communautés <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Linux">Linux</a>, c&rsquo;est aussi le questionnement de l&rsquo;implication qui rentre en jeu : si cette personne se sent en sécurité, elle a plus de chances de s&rsquo;impliquer.
À l&rsquo;inverse, si aucune garantie n&rsquo;est donné, peut-être que la personne ne voudra pas s&rsquo;intéresser au projet.
Parceque mettre des heures dans une communauté, pour au final voir un transphobe faire de la merde et que personne n&rsquo;intervienne (la fameuse &ldquo;liberté d&rsquo;expression&rdquo;), ça dégoute.
Parceque des problèmes arrivent toujours, on est des humains.
Les prendre à bras le corp en amont n&rsquo;évite pas tout, mais permet un socle solide.</p>
<p>Parfois ça prend juste la forme d&rsquo;un message sur les réseaux.
S&rsquo;afficher frontalement comme accueillant envers une partie de la population, ça fait réagir.
Si vous profitez du moment pour vous séparez des éléments les plus fachos, ça permet parfois de faire venir (ou revenir) une partie de cette communauté défendu.
J&rsquo;avais lu un jour sur internet : &ldquo;une communauté est aussi ouverte d&rsquo;esprit que son élément le plus à droite&rdquo;, et je suis assez d&rsquo;accord.</p>
<p>Je prend beaucoup d&rsquo;exemple avec le genre ou la sexualité, parceque ce sont les plus faciles.
Mais quid de questions géopolitiques ?
Si par exemple, votre projet à un nouveau sponsor, sponsor militaire qui bombarde les pays d&rsquo;une partie de votre communauté ?
Ou si, par exemple, vous voulez faire un évènement avec un acteur du domaine ouvertement connu pour des positions assez néfastes ?
Ou encore, peut-être que cette nouvelle entité que vous décidez de faire rentrer est connue pour avoir détruit d&rsquo;autres communautés par le passé (oui, c&rsquo;est une référence à la jonction Threads-fédiverse, bloquez cette merde) ?
Encore une fois, des questions politiques, pas forcément pour vous à la base (vous étiez juste content d&rsquo;avoir un nouvel acteur), mais auquel vous serez confrontés puisque plusieurs personnes vont forcément réagir.</p>
<h1 id="gatekeeping-ou-la-vraie-façon-de-faire-un-truc">Gatekeeping (ou la &ldquo;vraie&rdquo; façon de faire un truc)</h1>
<p>Allez petite digression avant de partir, sur le &ldquo;Gatekeeping&rdquo;, cette façon de croire qu&rsquo;il n&rsquo;y a qu&rsquo;une seule bonne façon de faire quelque chose.
Vous voulez des exemples ?</p>
<ul>
<li>Voir un film sur téléphone, c&rsquo;est rater tout le propos de l&rsquo;auteur.</li>
<li>Faut jouer en difficile à ce jeu, sinon le jeu n&rsquo;a aucun intérêt.</li>
<li>Les vrais manga, c&rsquo;est les petits formats en noir et blanc, pas ces nouveaux grands formats avec des couleurs.</li>
<li>Faut regarder/lire en VO, la VF perd tout le sens.</li>
<li>Si c&rsquo;est pas de la vrai production fermière label bio, c&rsquo;est pas de la nourriture.</li>
<li>T&rsquo;as pas vu/lu/jouer à ? T&rsquo;es pas un vrai.</li>
</ul>
<p>On s&rsquo;arrête là ?
À première vu innofensif (on a tous déjà dit un truc dans le genre), il ne faut pas sous-estimer l&rsquo;effet de rejet que ça peut engendrer.
Acceuillons les nouveaux.elles, qu&rsquo;importe leur façon de consommer quelque chose, on est plus là pour partager une passion que de juger la façon de la faire.</p>
<h1 id="conclusion-oui-cest-la-fin">Conclusion (oui, c&rsquo;est la fin)</h1>
<p>Ce qu&rsquo;il faut pour moi essayer de retenir, c&rsquo;est que des choix politiques, il y en a un peu partout.
Ce n&rsquo;est pas ramener de la politique là où il n&rsquo;y en avait pas, c&rsquo;est juste que les choix existants vous convenaient.
Si avant vous ne vous en rendiez pas compte, c&rsquo;est que cela ne vous touchait pas, vous n&rsquo;étiez pas menacé par eux.
Des gens, autour de vous, sont confrontés chaque jours à ses problématiques, et ielles ont besoin de savoir si ce nouvel endroit (votre communauté) est une zone pour évoluer sans trop de craintes, ou si c&rsquo;est un endroit où il faudra se protéger, voire partir, comme d&rsquo;habitude.</p>
<p>P.S. : C&rsquo;est incomplet (surement), pas professionnel (jamais dis le contraire) et plein de fautes (j&rsquo;essaie de faire au mieux).
Mais ça fait du bien de pouvoir le poser.</p>
]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>Ce que je veux faire pour demain</title>
      <link>https://blog.nandicre.fr/billet/2024-02-27-ce_que_je_veux_faire/</link>
      <pubDate>Tue, 27 Feb 2024 00:00:00 +0000</pubDate>
      <guid>https://blog.nandicre.fr/billet/2024-02-27-ce_que_je_veux_faire/</guid>
      <description>&lt;h1 id=&#34;préambule&#34;&gt;Préambule&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;Le billet qui va suivre est assez personnel.
C&amp;rsquo; est une sorte de bouteille à la mer pour moi-même, une trace que je pourrais regarder plus tard en me demandant &amp;ldquo;quel chemin ai-je parcouru ?&amp;rdquo;.
Je sais que je ne trouverai pas la réponse à la vie (42) en l&amp;rsquo;écrivant, mais il me permet de mettre un cap sur ma boussole.
Il me permet de poser des mots et de répondre à la question d&amp;rsquo;Aaron Swartz :&lt;/p&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<h1 id="préambule">Préambule</h1>
<p>Le billet qui va suivre est assez personnel.
C&rsquo; est une sorte de bouteille à la mer pour moi-même, une trace que je pourrais regarder plus tard en me demandant &ldquo;quel chemin ai-je parcouru ?&rdquo;.
Je sais que je ne trouverai pas la réponse à la vie (42) en l&rsquo;écrivant, mais il me permet de mettre un cap sur ma boussole.
Il me permet de poser des mots et de répondre à la question d&rsquo;Aaron Swartz :</p>
<blockquote>
<p>What is the most important thing you could be working on in the world right now, and if you&rsquo;re not working on that, why aren&rsquo;t you ?</p>
</blockquote>
<h1 id="tu-veux-faire-quoi-quand-tu-sera-grand-">Tu veux faire quoi quand tu sera grand ?</h1>
<p>Les gens qui ont toujours su ce qu&rsquo;il voulait dans la vie me terrifient.
J&rsquo;ai 29 ans (quand j&rsquo;écris ces lignes) et je ne sais toujours pas ce que j&rsquo;ai envie de faire demain (même si ce billet essaie d&rsquo;y répondre).</p>
<p>Quand j&rsquo;étais petit, on m&rsquo;a souvent posé la question du métier voulu une fois adulte.
Si je comprends le raisonnement derrière, faire en sorte que les enfants comprennent la notion d&rsquo;orientation, de choix, de responsabilités, il en reste qu&rsquo;une fois adulte on peut se retrouver démuni si l&rsquo;on s&rsquo;écarte du chemin.
Car si l&rsquo;on nous aiguille très rapidement selon nos préférences et nos capacités, il est beaucoup plus rare que l&rsquo;on nous inculque la notion de changement de parcours, du droit de se tromper dans les études et dans notre vie en général.</p>
<p>Je suis tombé dans l&rsquo;informatique et les jeux vidéos quand j&rsquo;étais petit.
Comme beaucoup de garçons de mon âge d&rsquo;ailleurs.
J&rsquo;aimais les maths, la physique et la science en général (et c&rsquo;est toujours le cas).
Je n&rsquo;étais pas très lettres, ni économie (je le suis beaucoup plus maintenant).
C&rsquo;est donc tout naturellement qu&rsquo;on m&rsquo;a dirigé vers l&rsquo;ingénierie informatique.
J&rsquo;ai quitté ma campagne et je suis monté sur Paris faire mes études.
J&rsquo;allais devenir développeur, peut être même dans le jeux-vidéo, peut être même dans une grosse entreprise réalisant des jeux ultra connus.
J&rsquo;allais bien gagner ma vie, avoir des enfants et une voiture.
Bref, le bon macronniste en devenir.</p>
<p>J&rsquo;ai rencontré là-bas le monde des Startups, des SS2I, des grosses boîtes.
Et j&rsquo;ai pris un parpaing.
Tout ce monde de clients, de pognon, de faire au plus vite pour pouvoir gagner le plus possible.
Je ne m&rsquo;y retrouvais pas.
Moi j&rsquo;aimais sortir avec des potes pour jouer à street fighter, j&rsquo;aimais bricoler des PC et monter des serveurs pour jouer à minecraft.
Toutes ces histoires de management, de rentabilité&hellip;
Au secours !
Mais j&rsquo;y ai aussi découvert le monde du libre, de l&rsquo;open source et du partage.
Qui me ressemblait beaucoup plus.
Qui me rappelait que j&rsquo;adore le modding, la bidouille, j&rsquo;adore faire fonctionner ensemble ce qui n&rsquo;est pas prévu pour l&rsquo;être, et voir que d&rsquo;autres gens en font de même.
Sans histoire d&rsquo;argent, de rentabilité.
J&rsquo;aimais l&rsquo;informatique, mais je ne voulais pas passer mes journées à pisser du code pour une boîte faisant des trucs ne m&rsquo;intéressant pas.</p>
<p>Et ce fut sûrement le dernier clou du cercueil.
J&rsquo;ai quitté Paris et j&rsquo;ai fuis pour Nantes.
Une ville plus petite, plus calme, que je connaissais déjà puisque j&rsquo;y venais souvent.
J&rsquo;y ai rencontré le monde associatif et social, mais aussi le monde culturel.
Mais surtout, je suis tombé amoureux du Cinéma.</p>
<h1 id="un-questionnement-qui-devient-une-obsession">Un questionnement qui devient une obsession</h1>
<p>Pour être honnête, j&rsquo;ai commencé à manger de la pellicule en dernière année sur Paris.
Je sortais du travail et j&rsquo;allais passer ma soirée le cul vissé sur un siège, devant une toile immense.
Mais c&rsquo;est sur Nantes, en ayant enfin autre chose qu&rsquo;un logement étudiant, que j&rsquo;ai commencé à m&rsquo;intéresser vraiment au médium.
À sa production, sa diffusion.
J&rsquo;ai pris des blu-rays, un vidéoprojecteur, j&rsquo;ai commencé à faire les séances spéciales et les festivals de ma ville.
Bref, je devenais un cinéphile.</p>
<p>J&rsquo;ai aussi (re-)rencontré le monde des livres, de la SF et des BD tout particulièrement.
Monde que je dévorais étant petit mais que j&rsquo;avais un peu délaissé, faute d&rsquo;argent.
Et c&rsquo;est en essayant de retrouver de vieux livres que je suis tombé dans ce puits sans fond : certaines œuvres n&rsquo;étaient plus disponibles, sauf à bien chercher en occasion.
Le cinéma avait le même problème.
Le jeu vidéo aussi.
Des pans entiers de la culture, de ma culture, était restreint aux souvenirs, faute de supports accessibles.
Et pourquoi ?
Pour des questions d&rsquo;argent.
De droits d&rsquo;auteurs.
De mec dans des bureaux qui avaient des droits mais qui refusaient d&rsquo;en faire quelque chose.
De plateforme qui se disait que finalement, si ça ne fait pas de vue, autant ne pas encombrer le catalogue.</p>
<p>Bien sûr, je ne parle que d&rsquo;offres légales.
Ceux qui ont déjà mis les doigts dans les réseaux pirates savent qu&rsquo;on peut y trouver des millions de trésors, pépites conservées et introuvables ailleurs.
Des animés taïwanais oubliés, des films en version originale modifiés depuis par les créateurs (*tousse* Star Wars *tousse*), des musiques punk dont le label a rendu l&rsquo;âme depuis longtemps.
Je suis un pirate et je le serai sûrement toute ma vie.
Et je pourrais m&rsquo;en contenter.
Mais le piratage reste une réponse à une absence, une marge qui existe faute de mieux.
C&rsquo;est pour ça que je pense que l&rsquo;on peut faire mieux.</p>
<p>L&rsquo;avènement des plateformes de streaming vidéo nous aura montré ce qu&rsquo;il ne faut pas faire.
Le piratage de musique est une niche, Spotify et Deezer ayant pratiquement réglé le problème d&rsquo;accessibilité (ils amènent d&rsquo;autres problèmes sur la répartition de la richesse, mais ce n&rsquo;est pas le sujet).
Les jeux vidéo n&rsquo;ont que peu de plateformes, Steam règne et il est donc plus aisé que jamais d&rsquo;avoir accès à un jeu.
Mais le cinéma a pris une mauvaise route.
Combien de plateformes différentes ?
Avec des catalogues changeants ?
Avec des séries où il manque des saisons ?
Quand je fais le tour de mes amis, la grande majorité ont plusieurs abonnements.</p>
<p>J&rsquo;ai conscience que tout ça, c&rsquo;est des problèmes de pays riches.
Que des gens crèvent de faim en traversant la méditerranée, et que devoir choisir entre Netflix ou Amazon prime, ce n&rsquo;est pas si grave.
C&rsquo;est vrai, je ne le remettrais jamais en question.
On peut pourtant s&rsquo;indigner des deux.
Militer pour que les gens reçoivent des conditions de vie décentes.
Militer pour que la connaissance et la culture soient accessibles à tous et toutes, sans préoccupation d&rsquo;actionnaire.</p>
<h1 id="moi-jai-un-rêve">Moi j&rsquo;ai un rêve</h1>
<p>Avec le recul, je me rends bien compte que j&rsquo;ai un problème avec le capitalisme.
Je n&rsquo;aime pas l&rsquo;argent, je n&rsquo;aimerai sûrement jamais ça.
Je n&rsquo;aime pas plus que ça en gagner, c&rsquo;est surtout notre modèle qui m&rsquo;y oblige.
C&rsquo;est pour moi une discrimination de classe, un outil qui permettra toujours un rapport de force, qui engendrera forcément des riches et des pauvres.
Et surtout, ce qui n&rsquo;est plus rentable doit disparaître.
Ce constat est-il acceptable quand on parle de la culture, des œuvres ?
Pour que l&rsquo;on se fasse chier à conserver des sculptures, des tableaux, des objets vieux de plusieurs siècles, plusieurs millénaires, c&rsquo;est que tout cela doit être important, nan ?
Que cela nous enseigne des choses sur l&rsquo;histoire, les sciences humaines comme les sciences dures, n&rsquo;est-ce pas ?
C&rsquo;est ce que je crois.
L&rsquo;art doit être conservé et partagé au plus grand nombre.
Autant se faire que peut.
Car j&rsquo;ai bien conscience des principes d&rsquo;entropie, et que il y a toujours de la perte.
Mais on peut tout de même limiter les dégâts.</p>
<p>Laisser ce travail à des entreprises dont le but principal est le chiffre d&rsquo;affaires annuel n&rsquo;est pas une bonne solution.
Il en est du ressort des peuples, du commun de gérer cette problématique.
Et c&rsquo;est déjà plus ou moins le cas : le dépôt légal, la BnF, les cinémathèques, tous ces organismes conservent des œuvres.
Mais peut-on y accéder facilement ?
Sous quel format, quelle qualité ?
Est-on soumis à des DRM, des utilisations particulières ?
C&rsquo;est le cas si vous achetez un film sur la plupart des plateformes vidéo.
Point de fichier .mp4, il faut utiliser l&rsquo;application ou le lecteur de l&rsquo;entreprise.
Et dommage pour vous si vous n&rsquo;avez pas internet à un moment ou si, par exemple, vous utilisez un ordinateur sous Linux.</p>
<p>Et pour autant, des livres, des films, des musiques restent inaccessibles par les canaux standards.
Alors je rêve d&rsquo;une alternative.
Que cela soit simple de pouvoir accéder à une œuvre culturelle.
Que si une œuvre a un jour foulé le sol français, qu&rsquo;elle ne puisse en disparaître.
Que si personne ne veuille la diffuser, qu&rsquo;elle soit diffusée par une instance officielle.
Que demain, si j&rsquo;ai envie de lire un vieux livre, film ou autre, que je sache exactement où chercher.
Je ne demande pas que demain, l&rsquo;intégralité des œuvres deviennent gratuites (même si ça serait vachement cool).
Nous vivons dans un certain modèle économique et il faut que les gens soient rémunérés pour leur travail.
Je dis que l&rsquo;accessibilité devrait primer.
Je dis même que si une œuvre ne l&rsquo;est pas, personne ne gagne d&rsquo;argent.
Ouai les capitalos, ça s&rsquo;appelle un manque à gagner.</p>
<h1 id="et-">Et ?</h1>
<p>J&rsquo;ai donc envie de faire ça.
De me renseigner, de m&rsquo;instruire, d&rsquo;étudier la question.
Je le fais déjà depuis des années, mais l&rsquo;écrire est un peu un coup de pied au cul.
J&rsquo;ai envie d&rsquo;une structure répondant à ses problèmes.
J&rsquo;ai envie d&rsquo;y participer, ne sachant pas encore sa forme.
Ce que je sais par contre, c&rsquo;est qu&rsquo;elle devra répondre à ces critères :</p>
<ul>
<li>Ne pas avoir un but lucratif.
Le but ne sera jamais de faire de l&rsquo;argent.</li>
<li>Une œuvre ne pourra pas disparaître du catalogue.
C&rsquo;est la problématique principale.
Il faudra des changements légaux pour y parvenir.
Je le sais mais c&rsquo;est ce que je veux.</li>
<li>Donner aux gens de la qualité.
Respecter l&rsquo;autre, c&rsquo;est essayé de lui donner la meilleure version possible d&rsquo;une œuvre.</li>
<li>Des formats ouverts.
Brûlons les DRM, indignons nous des achats nous limitant.
Tu achètes un film, tu reçois un fichier vidéo, point barre.</li>
</ul>
<p>Est-ce réalisable ?
Je ne sais pas.
Je l&rsquo;espère.
Mais c&rsquo;est la chose la plus importante pour moi aujourd&rsquo;hui (après le réchauffement climatique).
Il faudra sûrement commencer par le domaine public.
J&rsquo;ai bien conscience que la citation d&rsquo;Aaron Swartz en préambule tourna à l&rsquo;obsession pour ce dernier, et je sais combien cela peut ronger une personne.
Je ne veux donc pas dire que je vais réussir, mais au moins je veux pouvoir dire que j&rsquo;ai essayé.</p>
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